Les sources historiques:



 

Diaulos, de la Grèce antique

L'aulos n'est pas à priori une flûte.

Il s'agirait plutôt d'un hautbois double, ou encore d'une clarinette double.

Les historiens penchent plutôt pour la théorie du hautbois, car cet instrument était parfois joué avec un masque de cuir destiné à limiter la déformation des joues à cause de la forte pression que nécessite l'alimentation des deux anches. Ou bien le masque servait-il à tenir l'instrument en bouche, car les doigts étaient tous occupés à jouer?
Certains pensent même que ces anches étaient de très grande dimension, comme des anches de duduk arménien, et étaien ainsi parfaitement adaptées à la perce peu conique des instruments.



Mais toutes les hypothèses sont possibles, ce qui nous pousse à croire qu'il n'y avait pas un seul type d'aulos; certains pouvaient être des hautbois (anches doubles), d'autres des clarinettes (anches simples), et enfin, pourquoi pas des flûtes à bec aussi???

 

 

Doppia ciaramella, sud de l'Italie

Il s'agit ici de hautbois joués par paires. Il y a plusieurs façons de les jouer: avec deux hautbois accordés sur la même tonalité, dont l'un a deux trous bouchés avec de la cire, et l'autre quatre... On peut aisément jouer des mélodies à la tierce parallèle, ou bien avec une quatre de différence si l'on débouche un trou du hautbois le plus aigu.
Ou alors, on prend deux hautbois de tonalités différentes (un en do et l'autre en fa ou en sol par expemple) et on s'arrange toujours avec la cire. La survivance de cet instrument (et d'une partie de son répertoire!) nous montre bien qu'il n'y a pas de règle, mais bien des réalités différentes selon les goûts et les moyens du musicien. L'usage de la cire est une base qui nous montre qu'il y a encore de la vie dans cette tradition!!!!




 

Tibiae romaines

Cette mosaïque trouvée à Pompéi et datant probablement du 1er siècle avant JC nous montre une paire de tibiae.
Les trous très éloignés étaient certainement bouchés avec de petits bouchons ou de la cire quand ils n'étaient pas utiles.
Plusieurs gammes étaient ainsi à disposition du  musicien (ici une musicienne).
On pense aussi ici à des hautbois doubles avec des anches type mey ou duduk, mais il ne faut pas oublier que les anches simples peuvent aussi très bien faire sonner des tuyaux aussi longs... comme ceux des launeddas sardes par exemple.

Les anches simples se prêtent très bien aux doigtés piqués, qui peuvent être envoûtants si ils sont bien joués, même sur trois notes.








 

Flûtes doubles médiévales

 

Cette peinture de Simone Martini, faite en 1312, montre un musicien en train de jouer deux flûtes à bec en même temps, ce qui permet de faire entendre simultanément une mélodie et un bourdon ou un accompagnement.
Il est aussi possible de faire passer la mélodie et l'accompagnement d'une flûte à l'autre, ou de faire une vraie polyphonie à deux voix.

Le dessin peut paraître fantaisiste, car on voit qu'aucun doigt ne bouche le trou du haut.

 

 

En partant du principe que le peintre sait ce qu'il représente, on peut croire que le trou du haut est bouché avec de la cire, permettant au musicien de jouer cette pièce précise.
Ou alors, le peintre a cherché à représenter un doigté fourchu pour le seul plaisir de monter les trous de la flûte (cest plus beau avec des trous que sans, une flûte!!!)

Ce type de flûte double est encore joué de nos jours en Italie, mais il est réalisé en roseau.






















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flûte à bec double (peinture du XVe siècle, Castille)

Cette paire de flûtes est d'un type différent de celle que nous avons vu au-dessus.

On remarque que le tuyau de la main gauche est plus long, certainement plus grave.
Il est aisé d'imaginer que les deux flûtes sont accordées à la tierce ou à la quatre, permettant de jouer deux mélodies parallèles ou une mélodie et son accompagnement.
C'est certainement une flûte destinée à jouer (et accompagner) des polyphonies.

 













 

Flûte double médiévale

Cette flûte double trouvée à Oxford date probablement du XVe siècle.
Il s'agit de la plus ancienne flûte médiévale qui ait été conservée jusqu'à nos jours. Le jeu en diaphonie, en parallèle ou en polyphonie est ici évident.

Cinq trous par flûte pour une tessiture complète d'une octave et une quarte. (plus des façons d'octavier avec des doigtés spéciaux)







Cette flûte a été copiée et réinventée par Bob Marvin, voici un exemplaire ci-dessous de son travail.










 



 

Double flageolet anglais

Le double flageolet, illustré ici, est l’invention de Thomas Scott en 1806. Cette version a été améliorée quelques années plus tard par William Bainbridge de Londres. On peut jouer en parallèle deux mélodies, ou une seule en fermant le tuyau de gauche. Ou encore, évidemment, jouer un accompagnement et une mélodie...
Jouer simultanément les mêmes doigtés avec main gauche et main droite produit des intervalles de tierce.
La tessiture est de deux octaves...
Cet instrument a été construit en Angleterre, Irlande, Allemagne, Amérique du Nord.

 






Flageolets et double flageolets de toutes tailles, fabriqués entre 1800 et 1850 en Angleterre.




 

Nos ancêtres les gaulois

jouaient eux aussi de la flûte double et de la flûte triple. Ici (en haut) la horde qui a donné naissance à Vercingétorix, célèbre la maturité du petit futur leader de toutes les Gaules.
On peut le voir essayer de capter l'attention du photographe entre les deux duides musiciens.
Notez bien que les doigtés semblent être les mêmes, ce qui nous laisse croire que les Gaulois aimaient beaucoup l'intervalle complexe  d'unisson.






En bas, des joueurs de Khèn, qui n'ont géographiquement rien à voir avec les musiciens du pays Sunda (archipel autour de Java) du dessus, qui eux à leur tour n'ont rien à voir avec les fameux gaulois qui de toute manière ne nous ont pas légué de flûtes doubles, les radins...




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