Certaines notions d'acoustique vous permettront de povoir régler vos flûtes doubles correctement.

N'ayez pas peur, même si cela est complexe. C'est un univers dans lequel on finit par comprendre les bases.


Comment fonctionne un tube?
   Facile, plus le tube est long, et plus le son est grave.
L'air insufflé dans le tube sort par le trou le plus proche de l'embouchure.
L'air contenu dans le tube vibre plus ou moins vite. Plus il vibre vite, plus le son est aigu, plus il vibre lentement, plus le son est grave.

Ces variations dépendent de la longueur d'onde
λ.

Pour un simple tube , la longueur d'onde  appelée fondamentale équivaut à 2 fois la longueur du tube L

(λ=2L)

Le second harmonique, soit une octave au-dessus de la fondamentale, a une longueur d'onde égale à la longueur du tube (λ=L)


Les plus perspicaces d'entre vous auront-ils remarqué que sur les chanteurs des flûtes doubles indiennes satara et alghoza le trou d'octave se trouve (comme par hasard!) au milieu de la longueur du tube formé avec tous les doigts bouchant les trous? Cela a pour effet de diviser la longueur d'onde fondamentale par deux!!!

C'est quoi les harmoniques?

On les appelle "harmoniques", pour faire court, mais en vérité on devrait les appeler "partiels harmoniques".
Chaque son qui dure (dit périodique) est un phénomène complexe qui est composé de plusieurs autres phénomènes simples: les partiels.
On décompose ces partiels en deux classes:

-les  partiels inharmoniques (bruits d'attaque, de souffle, grésillements), dont les fréquences ont un rapport chaotique les unes avec les autres
, (ils nous intéressent beaucoup mais pas dans ce chapitre)

-Les partiels harmoniques, dont les fréquences ont un rapport mathématique simple les unes avec les autres.

Dans la flûte on a surtout une façon d'entendre les partiels harmoniques:
-En écoutant très attentivement le timbre, ce qui est possible pour les oreilles affûtées.
-Ou alors en soufflant fort, ce qui fait "sauter" la note la plus grave vers une autre note plus aigue. Cette note plus aigue, il faut se la mémoriser, et si on revient au son grave, on peut parfois l'entendre comme une composante de ce son grave...
Pröcisons que quand on joue la note au-dessus, cette note plus aigue n'est plus un partiel, elle est un nouveau son, composé de nouveaux partiels.

Par exemple, voici deux spectrogrammes qui comparent les timbres de deux sons de flûte à même intensité et même hauteur. Les traits horizontaux visualisent les partiels; plus ils sont gros, plus le son est fort.

 

spectre flute desigaud réspectre d'une flûte Desigaud en ré

Ici le timbre est structuré, et équilibré, à la manière des anches simples de cornemuse, avec
toutefois moins de partiels harmoniques (6).





- 6e partiel harmonique, deux octaves et une quinte au-dessus de la fondamentale (la)

- 5e partiel harmonique, deux octaves et une tierce (pure) au-dessus de la fondamentale (fa#)

- 4e partiel harmonique, deux octaves au-dessus de la fondamentale (ré)

- 3e partiel harmonique, une octave et une quinte au-dessus de la fondamentale (la)

- 2e partiel harmonique, une octave au-dessus de la fondamentale (ré)

- Son fondamental, dont l'oreille identifie la note (ré)

- En bas, le son de souffle qui donne du "grain".

 

spectre flute yamaha réSpectre d'une flûte yamaha (en plastique) en ré

Le timbre est plus pauvre, on est dans une esthétique qui recherche le son pur (sans partiels harmoniques ni inharmoniques). Notez la puissance de la fondamentale par rapport aux harmoniques.



 

                                                                  
- 5e partiel harmonique, deux octaves et une tierce (pure) au-dessu de la fondamentale (fa#)

- Pas de 4e harmonique!!!


- 3e partiel harmonique, une octave et une quinte au-dessus de la fondamentale (la)

- 2e partiel harmonique, une octave au-dessus de la fondamentale (ré)

- Son fondamental puissant, en ré.

-Pas de son de souffle en bas.




Par contre, je dois tout de suite ajouter un précision: sur mes flûtes, la longueur d'onde dépend aussi de la taille des extrémités du tube. Si l'on réduit les dimensions de la fenêtre, (ou du bout du tube) c'est comme si l'on rallongeait le tube, cela augmente la longueur d'onde et rend donc le son plus grave.
On se sert tous les jours de cette propriété sur les satara ou alghoza.

Voici un schéma issu du livre génial "La musique de l'eau" de Jacques Dudon, qui résume assez bien des principes de base.

Le bec de la flûte est vu en coupe.
Je nomme volontiers "bouchon" ou "bloc" ce qui est ici nommé "bec", et "biseau" ce qui est nommé "tranchant sur le schéma.


 

Ainsi, je peux accorder ma flûte en rajoutant un bout de cire dans le trou, ce qui a pour effet d'éloigner  le trou de l'embouchure. Cette action rend donc la note plus grave. Notons qu'en plus, on a diminué la taille du trou, ce qui rend aussi la note plus grave.
Je reparlerai de tout ceci dans le chapitre "accorder vos flûtes"